
L’histoire de la NES
Les prémices d’un phénomène
Nintendo est une firme japonaise ancienne qui a longtemps conçu des jeux de cartes. Mais dès les années 1970, Nintendo sent que les jeux vidéo constituent un divertissement grand public de plus en plus populaire. La société lance alors une première console de salon en 1977, la Color TV-Game, une machine qui ne propose que le jeu Pong comme beaucoup d’autres depuis la sortie de l’Odyssey de Magnavox en 1972.
Il faut attendre 1983 pour que Nintendo sorte une autre machine, cette fois-ci unique et originale : la Nintendo Entertainment System. La consigne de Hiroshi Yamauchi (1927-2013), le patron de Nintendo depuis 1949, est la suivante : la console doit être puissante et abordable !
C’est en juillet 1983 que la nouvelle console sort au Japon sous son nom de « FAMICOM« , une contraction japonaise de « Family Computer« . Donc la console est présentée comme familiale, mais aussi un ordinateur. En hiver 1983, la console fait son show au salon du CES de Las Vegas puis sort aux États-Unis fin 1985. Pour ne pas trop rappeler l’Atari 2600 qui a traumatisé le marché américain, la machine est baptisée « Nintendo Entertainement System » ou NES, après avoir été un temps nommée « Advanced Video System« . Enfin, son design occidental ressemble à celui d’un magnétoscope pour faire oublier les démons des consoles.
La NES, le rouleau compresseur
La console est rapidement un succès au Japon grâce à la réputation de Nintendo avec ses Game & Watch et sa Color-TV-Game. La coïncidence la plus totale veut que le jour de sa sortie, le 15 juillet 1983, une autre console nommée SG-1000 est lancée par son futur ennemi, Sega. La Famicom gagne cette première confrontation grâce à son catalogue de jeux beaucoup plus conséquent.
C’est avec la sortie aux États-Unis que les ventes explosent, grâce à une panoplie de jeux bien conçus et réussis comme un certain Super Mario Bros. Sorti le 13 septembre 1985, ce jeu devient rapidement un hit grâce à son gameplay innovant, surtout au niveau des mouvements du personnage de Mario qui est capable de marcher, courir, nager et sauter, le tout de manière totalement maîtrisée. Le catalogue de jeux ne cesse de s’étoffer au fil des mois et la manette est à la fois révolutionnaire et réussie. Exit les joysticks assez inconfortables que proposaient les consoles de la génération de l’Atari 2600. Ici, la manette est plus agréable avec ses deux boutons et sa croix directionnelle et s’adapte parfaitement à la plupart des jeux.
L’arrivée de la concurrence et la succession
Mais l’industrie exponentielle des jeux vidéo commence à réveiller les appétits. Ainsi, l’éditeur de jeux Hudson Soft, allié fidèle de la NES au départ, a décidé de lancer sa propre console de salon en 1987, la PC Engine, une machine performante et soutenue avec des jeux de très bonne qualité. La concurrence arrive ensuite des États-Unis avec Atari qui sort l’oubliable Atari XE Game System, mais surtout l’Atari 7800 pour surfer sur le succès d’antan symbolisé par l’Atari 2600, mais c’est un échec. Sega enfin entend prendre sa revanche après le bide de la SG-1000 avec la Master System sortie en 1985. Puissante et dotée de jeux d’arcade populaires, elle a de quoi impressionner par son catalogue de jeux bien plus fourni. Mais la NES n’est nullement inquiétée du lancement de toutes ces consoles qui n’attirent pas autant de foules qu’elle.
C’est l’arrivée attendue de la Megadrive de Sega en 1988, avec sa technologie 16 bits surpassant largement celle de Nintendo, qui fragilise peu à peu la NES. Elle fait de la résistance, mais Nintendo tarde à lancer le projet d’une console nouvelle génération. Son fabricant soutient encore longtemps sa NES déclinante alors que de nouvelles consoles next-gen sont annoncées de toute part. Aussi, il faut attendre 1990 pour que la Super Nintendo sorte des usines, signant la fin progressive de tout soutien à la vieillissante 8 bits.
Malgré l’arrivée des générations 16 bits, 32 bits et même 64 bits, la NES a continué de vivre au Japon, associée au très populaire terme de « Famicom » dont les Japonais étaient friands. C’est ainsi que la console a définitivement disparu des rayons du Japon en 2003, huit ans après sa fin sur les autres marchés du monde.
Une page de pub
Ci-dessous une publicité pour le jeu Super Mario Bros. 3. Dans celle-ci, certains personnages du jeu ont été « cartoonisés », comme s’il s’agissait d’un dessin animé. Comme le fait Nintendo depuis longtemps, le public jeune est particulièrement ciblé avec succès.
Le matériel à disposition
1 NES, 2 manettes, 1 pistolet Zapper
Hardware
Il s’agit d’une NES en version hollandaise, caractérisée par l’absence de prise Péritel. C’est assez mystérieux pour le marché français, mais il n’empêche que l’image à l’écran est de très bonne facture.
Software
Super Mario Bros. + Duck Hunt (1985)
Voilà une cartouche devenue incontournable pour la grande majorité des possesseurs de la NES. Cette cartouche propose deux jeux devenus cultes.
Tetris (1985)
Probablement un des jeux vidéo les plus célèbres du monde a connu un portage sur la NES après avoir été porté sur la non moins célèbre Game Boy.
Kung-Fu (1985)
Il s’agit d’un jeu de plateforme dans lequel vous avancez dans un temple, d’étage en étage, en affrontant tout un tas d’ennemis pratiquant les arts martiaux.
Rad Racer (1985)
Voilà cette fois-ci un jeu de course, mais dont l’action se passe la nuit.
Sources
ESTADIEU Roméo, La guerre des consoles dans la presse vidéoludique française De la fin des années 1980 au début des années 2000, Mémoire de Master Recherche, Université Jean Jaurès, 2023.
LE BRETON Jean-Louis, SPERANZA René, Manettes & pixels : histoire du jeu vidéo & retrogaming, Toulouse, Éditions de la Vallée heureuse, 2015. Disponible ici : https://www.fnac.com/a9068846/Rene-Speranza-Manettes-et-Pixels-Histoire-du-jeu-video-et-Retrogaming.
