
Au sommaire
L’histoire de la Jaguar
Atari cherche sa voie
En 1993, Atari fait son grand retour sur le marché des consoles en ouvrant la cage de sa nouvelle féline, la Jaguar. Le fabricant américain connaît des difficultés internes à cause des ventes déclinantes de ses ordinateurs ST et espère reconquérir le cœur desgamers comme à l’époque de l’Atari 2600.
Atari a bien sorti quelques autres consoles au cours des années 1980 comme l’Atari XE Game System ou encore l’Atari 7800 qui a succédé à l’Atari 5200. Retenons également la sortie de l’Atari Lynx, une console portable lancée en 1989, juste avant la Game Boy de Nintendo, qui a constitué une prouesse technologique. Mais aucune n’a réitéré le succès de l’Atari 2600.
Aussi, en parallèle de la Lynx, les équipes d’Atari ont commencé à planifier le développement d’une console de salon portant également le nom d’un félin, la Panther. Censée concurrencer la Super Nintendo et la Megadrive, toutes deux 16 bits, la machine d’Atari est cependant abandonnée en 1991 en raison de ses capacités techniques jugées peu prometteuses. C’est le début de la conception de la Jaguar.

Quoiqu’il en soit, avec un tel nom, tout le public n’entend parler que de la Jaguar. Mais surtout, ce qui intrigue au point de rendre les rédacteurs de magazines et les consommateurs euphoriques, pour ne pas dire stupéfaits, c’est bien sa puissance annoncée : 64 bits.
Nous sommes en 1993, et alors que les consoles Amiga CD32 de Commodore et 3DO Interactive Multiplayer de 3DO Company sont à 32 bits, voilà qu’Atari prétend à plus. C’est tout simplement incroyable ! L’annonce de la sortie de la Jaguar a fait réagir parmi les concurrents, à tel point que Hayao Nakayama, le PDG de Sega au Japon, aurait perçu cette machine comme dangereuse pour la Megadrive dont il commença à envisager sérieusement la succession, et vite.
Le félin s’essouffle
MAIS toute cette euphorie est de courte durée. Atari est en crise et la sortie de la Jaguar n’arrange en rien les choses. Atari France ferme en 1994, ce qui n’est déjà pas bon signe. Et même en raison des difficultés financières de la firme, la commercialisation de la machine est désastreuse avec des retards en cascade.
Et surtout, la puissance technique de la Jaguar déçoit avec un catalogue de jeux particulièrement mauvais dans l’ensemble : un gameplay pauvre, une maniabilité frôlant parfois le zéro (la manette de la Jaguar est d’une conception critiquable) et des graphismes pas à la hauteur des 64 bits vantés. Peu d’éditeurs de jeux souhaitent développer sur cette machine dont le hardware est également inutilement complexe à maîtriser. Résultat des courses : la Jaguar ne se vend pas, les jeux ne boostent pas les ventes et elle disparait des rayons en début 1996, en même temps que son fabricant, alors en faillite.
Une page de pub
La publicité ci-dessous fait partie des premières pour l’Atari Jaguar. Il s’agit ni plus ni moins que d’une publicité comparative puisqu’en mettant en avant la puissance 64 bits de la console, le spot vante cette supériorité par rapport à deux autres machines 16 et 32 bits : la Megadrive (« Genesis » est le nom adopté par la Megadrive aux États-Unis) et la 3DO. Enfin, cette publicité présente le slogan marketing américain de la Jaguar : « Do The Math », c’est-à-dire « Fais le calcul » (par exemple, entre une console 16 bits et la Jaguar 64 bits, laquelle est la plus performante ?).
Sources
ESTADIEU Roméo, La guerre des consoles dans la presse vidéoludique française De la fin des années 1980 au début des années 2000, Mémoire de Master Recherche, Université Jean Jaurès, 2023.
SANCHEZ Frédéric, L’histoire des jeux vidéo en France : 40 de news rétro – vol.1, Bréviandes, Éditions RetroLand, vol. 1, 2014.
Le site Atariage est consacré à toutes les machines d’Atari : atariage.com.
