La Vectrex de Smith Engineering (1982-1984)



L’histoire de la Vectrex

Une console originale

En 1981, les jeux vidéo connaissent un boom extraordinaire avec le succès des consoles de salon, en particulier l’Atari 2600 qui démocratisent la pratique des jeux à la maison. C’est pourquoi cette année-là, un certain Jay Smith et des collègues imaginent une console de salon pour le moins originale basée sur un moniteur cathodique, mais capable d’afficher des graphismes vectoriels.

L’idée consiste certainement à ne pas se retrouver sur le même créneau que les poids lourds de l’époque comme Atari avec sa console Atari 2600 ou encore Mattel avec son Intellivision fraîchement sortie sur le marché. Pour ce faire, Jay Smith pense à une console portable dans un premier temps, baptisée Mini-Arcade pour surfer sur le succès des bornes d’arcade qui cartonnent dans les cafés grâce à des jeux comme Space Invaders ou Pac-Man.

De Kenner Products à MB

Les créateurs s’invitent alors chez le fabricant de jouets américain Kenner Products, une société aujourd’hui disparue qui avait été rachetée par le géant Hasbro à la fin des années 1980. Mais les gérants de Kenner, après avoir acquis les droits, ont fini par abandonner tout soutien au projet de Smith.

Finalement, c’est la jeune entreprise General Consumer Electronics (GCE), créée en 1980, qui se montre intéressée par le projet, en sachant que GCE produit déjà des jeux vidéo électroniques et vend des montres fabriquées par Smith Engineering. La future machine, alors nommée HP-3000, voit alors l’horizon se profiler. Après la signature du contrat entre les deux entreprises, il a été décidé que l’écran du moniteur, au début à 5 pouces, soit porté à 9 pouces. La HP-3000 ne sera donc plus une console portable.

Logo de Milton Bradley Company, l’entreprise à l’origine de la première console portable de l’histoire, la Microvision.

Après une présentation au CES de juin 1982 et un certain succès à sa sortie en fin de cette même année, la nouvelle nommée Vectrex intéresse beaucoup le géant du jouet Milton Bradley qui rêve de conquérir le secteur lucratif des consoles de jeux vidéo. Aussi, Milton Bradley finit par acheter GCE en mars 1983 pour avoir les commandes sur la distribution de la Vectrex. C’est grâce à ce réseau que la console se fait connaître à l’international.

Intéressante mais abandonnée brutalement

Par ailleurs, pour compenser l’absence de graphismes en couleur comme sur l’Atari 2600 par exemple, chaque jeu bénéficie d’un overlay, ces sortes de masques d’écran qui permettent d’offrir des « décors » aux jeux et donc de les différencier chacun. Enfin la manette a été très bien pensée, est très ergonomique et fait penser à un pupitre de borne d’arcade avec son stick et ses quatre boutons qui offrent un gameplay varié.

Malheureusement, la Vectrex a eu la malchance de sortir la veille du krach du jeu vidéo. En raison de cette conjoncture économique très défavorable au développement des jeux vidéo, MB a pris la décision d’arrêter les frais et de stopper la production de Vectrex, et ce dès 1983. C’est pourquoi la console s’est progressivement éteinte en 1984 après la fin de la distribution officielle en Europe, avec à son compteur seulement 29 jeux au total.

Les anciens ingénieurs de la Vectrex ont bien imaginé un nouveau projet de console portable quelques années plus tard, mais l’arrivée et le succès impitoyable de la Game Boy de Nintendo a enterré toutes ces idées.


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Le matériel à disposition

Hardware

La Vectrex a été acquise avec deux manettes afin de profiter pleinement d’une expérience multijoueur pour certains jeux.

Software

MineStorm (1982)

MineStorm est le jeu directement intégré dans la mémoire de la console. Le but consiste, avec l’aide d’un vaisseau placé au milieu de l’écran, à détruire tous les asteroïds qui veulent vous désintégrer.

Scramble (1982)

Il s’agit d’un shoot-them-up dans lequel vous devez éviter les missiles qui foncent sur vous, le tout dans des environnements souvent montagneux. Un grand classique.

Hyperchase (1982)

Voilà un jeu de course de type Formule 1 où il faut éviter de rentrer dans d’autres véhicules mais aussi dans des éléments du décor situés au bord de la route.

Armor Attack (1982)

Il s’agit d’un jeu de tank où, dans une arène, vous devez détruire les tanks dirigés par l’ordinateur. Il faut également faire attention à l’hélicoptère… Un excellent jeu qui connaît un mode 2 joueurs où les deux humains jouent en coopération, même si le but secondaire est de réaliser le meilleur score !

Rip Off (1982)

Ce jeu est une belle curiosité. L’objectif est, avec l’aide d’un vaisseau, d’empêcher les engins ennemis de dérober les bidons d’énergie car si tous ont été voilés, alors vous perdez. Un jeu très addictif, surtout à deux joueurs.

Clean Sweap (1982)

Il s’agit d’un clone très réussi de Pac-Man.

Bedlam (1982)

Ici, vous avez un vaisseau (encore) qui doit tirer sur des objets ennemis qui foncent sur vous depuis les extrémités de certaines formes géométriques. Ce jeu reprend le concept du célèbre Tempest, mais légèrement modifié.

Space Wars (1982)

Probablement un des meilleurs jeux en mode deux joueurs. Ici, pas de coopération comme beaucoup d’autres jeux, vous devez tuer votre adversaire dix fois pour remporter la manche. Ce qui est formidable, c’est que les vaisseaux peuvent ne pas être tués en un coup et le nombre de missiles, tout comme le réservoir d’essence de votre vaisseau, sont limités.

Berzerk (1982)

C’est un jeu dans lequel on dirige un personnage humain qui doit passer de pièces en pièces rapidement sans se faire toucher par des espèces de petits robots qu’il peut tuer.

StarHawk (1982)

C’est probablement un des jeux Vectrex les plus durs. Ici, il faut détruire des vaisseaux spatiaux qui surgissent de part et d’autre de l’écran avant qu’il n’atteigne le bas de l’écran. Au bout d’un certain nombre de vaisseaux arrivant sans que vous les touchiez, vous perdez, tout simplement.


Sources

L’histoire de la Vectrex sur un site internet dédié. Disponible ici : https://www.vectrex.be/vectrex_jay_smith.html.

LE BRETON Jean-Louis, SPERANZA René, Manettes & pixels : histoire du jeu vidéo & retrogaming, Toulouse, Éditions de la Vallée heureuse, 2015. Disponible ici : https://www.fnac.com/a9068846/Rene-Speranza-Manettes-et-Pixels-Histoire-du-jeu-video-et-Retrogaming.

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